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23 juin 2009

Notre prochain invité : Patricia BARBIZET

Dans le cadre des rencontres du Club Horizons, nous sommes heureux de vous convier le mardi 7 juillet 2009 de 8h30 à 10h30 au Pavillon Ledoyen, 1 avenue Dutuit 75008 Paris (voir le plan d'accès).

Invité d'honneur : Patricia BARBIZET, Directrice Générale d'Artemis.

Patricia Barbizet 

Patricia BARBIZET viendra nous parler de son parcours personnel.

Cette manifestation est réservée aux membres du Club Horizons.

27 mai 2009

Rachida Dati : le portrait

19 mai 2009, intervention de Rachida Dati devant les membres du Club Horizons.

Thème de ce petit-déjeuner : "La réforme de la Justice".

Préalable à cette intervention, le portrait de Mme Rachida Dati par Pierre Vallet.

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Rachida Dati - bonjour...

...Mes amis, nous recevons ce matin une personnalité hors norme;
membre du gouvernement, certes;
Gardes des Sceaux, je confirme;
...Mais surtout une de ces rares personnalités entrée dans le cercle restreint des personnages publics sur lesquels tout un chacun à son opinion.

Et ça, c'est un truc incroyable parce que finalement, si on regardait dans cette salle, et qu'on disait Pierre Vallet, tu en penses quoi ? vous auriez un tas de gens qui vous diraient, « oui, je le connais personnellement mais je n’en pense pas grand chose. »

Et en général, ça marche avec un tas de monde, y compris pour la plupart des membres de votre gouvernement. Essayez avec François Fillon, Brice Hortefeux ou Xavier Bertrand et vous verrez. La notoriété peut-être, une opinion, pas sûr...

Avec vous, Rachida, c’est différent. 100 personnes 100 opinions, toutes différentes. Tranchées, positives, négatives, qui trop souriante, qui pas assez carrée, moins ronde, etc. C'est donc un paradoxe : personne ici ne vous connaît réellement mais tout le monde a une opinion sur vous.

Alors, ce matin, permettez-moi de ne pas souhaiter vous donner de l'opinion, du sentiment, du il paraît... Arrêtons-nous aux faits.

Vous avez 44 ans. Vous êtes maman, brunette, fine, avec un grand sourire et plutôt bien habillée. Vous êtes la fille de Mbarek Dati, maçon marocain arrivé en France en 1963 et d'une mère algérienne, Fatima-Zohra décédée en 2001.

Vous êtes la deuxième d’une famille de onze enfants. Née en Bourgogne à Saint-Rémy, vous passez votre enfance à Chalon-sur-Saône, dans le quartier des Prés-Saint-Jean. Votre scolarité se déroule dans un collège privé catholique, « Le Devoir », tenu par les religieuses du Saint-Sacrement. Pour le lycée, vous irez dans le public. Vous obtenez votre baccalauréat en 1983.

Pour les études supérieures, votre père ne pose qu’une seule condition : que vous soyez toujours la première. Pas facile. En réalité, vous n’apprenez qu’une seule chose : à être libre.

Pour financer vos études, vous travaillez comme aide-soignante dans une clinique. Mais pour avancer, vous apprenez qu’il faut frapper à la porte des grands.

Le 1er pas dans leur direction, vous l’effectuez à l’occasion d’une réception pour l'anniversaire de l'indépendance algérienne au Ministère de la Justice. Vous avez 22 ans. Reconnaissant Albin Chalandon, vous fendez la foule des invités et le sollicitez pour un rendez-vous qu’il vous accorde.

Place Vendôme, le jour J, on vous refoule. Il faudra que le Garde des Sceaux confirme en personne que vous êtes bien attendue pour que les portes de la Chancellerie s’ouvrent. De ce déjeuner, il conservera le souvenir d’un flot de paroles et une présence ...fatiguante. Mais votre profil l’intéresse. Il vous décroche un job chez Elf et surtout devient votre mentor.

Parallèlement à votre maîtrise d’économie, vous écrivez à de nombreuses personnalités. Et ça marche. Jean-Luc Lagardère vous finance une formation de manager à HEC en 90. En 1993, Jacques Attali vous engage à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement. Après un passage à la Lyonnaise des Eaux et au Ministère de l’éducation nationale, sur les conseils de Simone Veil, vous entrez à l’école nationale de la magistrature. En 1997 vous voilà magistrate... Vous serez juge pendant 5 ans.

La suite est mieux connue. Septembre 2002, vous écrivez une longue missives à Nicolas Sarkozy alors Ministre de l’Intérieur. Vous obtenez un rendez-vous. La tactique sera la même que face à Albin Chalandon : vous ne laisserez pas parler le ministre une minute ...Jusqu'à ce qu'il lâche sa réponse, ouvre le bureau d'à côté et dise à Claude Guéant de vous embaucher : conseillère technique chargée de la délinquance, une fonction de second plan. Qu’à cela ne tienne. Vous vous imposez dans de nombreuses réunions et entrez peu à peu dans les radars.

Un jour, lors d’un déplacement en banlieue, vous interpellez un jeune : « On enlève la casquette devant le ministre. » Nicolas Sarkozy apprécie et vous charge d'organiser ses visites dans les quartiers sensibles. Vous gagnez vos 1ers galons. L’omni-présente Cecilia Sarkozy vous remarque et prend d'affection. Les liens professionnels se nouent puis personnels. Une amitié qui va déterminer la suite de votre parcours, notamment lorsque la rupture arrive.

Cette montée en force au moment où le leader politique est affaibli vous place au coeur du dispositif. Nicolas Sarkozy, lui n'a pas tourné la page et le lien, l’amie de coeur, c’est vous. Quand Cecilia revient, elle vous impose comme porte-parole de la campagne du candidat Sarkozy, contre la majorité des membres de son entourage. On imagine que ce jour là, vous vous êtes fait un certain nombre d’amis.

Ce n’est pourtant qu’un début. Arrivé à l’Elysée, Nicolas Sarkozy vous nomme Garde des Sceaux et vous donne une feuille de route. Réformer coûte que coûte. Dans l’univers des robes noires, des bavettes blanches, des toges et des hermines, votre arrivée passe mal et cause un certain remous. Réforme du code pénal des mineurs, rôle du parquet, réforme de la carte judiciaire, création d'un poste de contrôleur général des prisons, loi de lutte contre la récidive, les fameuses peines plancher... S’il est sans aucun doute trop tôt pour tirer un bilan de votre action, on pourra au moins dire que vous n’avez pas chômé...

...Vous êtes paraît-il la première personne d'origine maghrébine a occuper des fonctions régaliennes dans un gouvernement de la République. Quelle dommage ! Vos prédécesseurs étaient peut-être mieux nés mais n’avaient pas l'air d'en faire autant ! Ceci étant dit, vous me permettrez d'exprimer un souhait : que dans notre pays, vous soyez la dernière personne dîte d'origine maghrébine à occuper de telles fonctions. Parce que naturellement, demain, il y en aura une deuxième puis une troisième, une quatrième et je ne doute pas qu’après vous, notre société plus éclairée cesse de compter les minorités visibles. La République ne considère-t-elle pas tous ses enfants comme égaux ?

Bref, votre passage à la Chancellerie est un tourbillon et chaque semaine, vous faîtes la couverture. Vous êtes devenue une marque. Il y a LA Dati comme il y eut LA Callas ou LA Onassis et je ne m’étonnerais pas qu’un jour on vous dédie une chanson : « Rachida... I’ve just met a girl named Rachida... And suddenly that name, will never be the same to me...»


Hum... Où en étais-je ? Oui, votre nom fait vendre et vous connaissez tout du parcours traditionnel de la coqueluche des médias. Après les couvertures enthousiastes où l'on vous présentait souriante, avenante, conquérante, etc., voici le temps des photos sans fard, des vidéos qui n'amusent plus, de l'embuscade, des francs-tireurs et des coups de poignards.

Les limiers sont lâchés, la meute les suit. En ces temps de campagne européenne, on guette vos faux-pas. Vous seriez dilettante, superficielle, dépassée... Et puis, l'Europe, c'est sérieux. Vous avez aimé le nord de la France ? Vous allez adorer Strasbourg... Son amphithéâtre (ou son parlement comme vous préférez), ses couloirs, ses interprètes, le TGV de 6h54 pour aller signer la feuille de présence, celui de 12h15 pour revenir exister à Paris. Enfin, je ne voudrais pas déflorer le sujet, je suis sûr que vous trouverez un sortant pour vous expliquer les ficelles.

Ah, l'Europe, ce grand dessein dont on nous parle tous les 6 ans, pour en dresser l'éloge funèbre ou célébrer son caractère incontournable. Après le temps des flashs et photographes, le temps de l'éloignement. Il n’en faut d’ailleurs pas plus pour que d’aucuns célèbrent votre chant du cygne, votre mise à l’écart...

Et il y a ces nouveaux obstacles. Vous savez, la chanteuse de l'Elysée, la seconde première dame. Celle avec le timbre fluet et la guitare anorexique. Née sous une bonne étoile, de gauche, introduite si je puis me permettre. Un obstacle ? Eh... Peut-être. Ce qui est important en politique, c’est de durer et si l’on connaît la durée d’un mandat, un mariage est plus imprévisible.

Enfin, de votre côté, on a une bonne idée. Entre la Mairie du 7e et le Parlement européen, vous êtes bien inscrite dans le paysage politique français et ce n’est pas Nicolas Sarkozy, ancien maire du village people de Neuilly qui me contredirait...

Mais vos adversaires ne désarment pas pour autant. Selon la thèse en vogue, votre réussite pose un problème puisqu’elle serait emblématique de l'ascenseur social à la Française, un mélange de passe-droits, bon-vouloir, parrainage, cooptation et copinages...

Quel mauvais procès ! Les gens nés du bon côté, seraient-ils les seuls à ne pas devoir s'excuser d'entretenir des relations ? C’est vrai quoi. Finalement, quand on est d’origine maghrébine, il faut réussir à la sueur de son front. Mais se servir des armes de l’autre camp, ça, non, c’est indigne.

Quel mauvais procès et quel culot ! " Rachida symbolise l'échec de la sacro-sainte méritocratie française " disent-ils. Ah la belle blague. Mais prenez-les au mot vos contempteurs. Vous reprocheraient-ils votre parcours, ces unes de la presse people, si vous vous appeliez Caroline de Saint Chaours ou G(h)islaine de Boisrémont ?

Alors soyons bien clairs, mes petits coeurs tendres : le jour J, quand on s’appelle Rachida, pour que votre nom sorte du chapeau, il faut avoir bossé dur ET adopté les armes de vos concurrents... L'oxygène est trop rare dans la stratosphère pour laisser une place aux organismes les plus faibles. Alors que cela soit dit et répété, vous n'avez peut-être pas toutes les piqûres mais qui peut croire un instant que votre parcours ne témoigne pas d'un travail acharné ?

Enfin, à ceux qui vous accusent d'avoir atteint votre seuil de compétence mais que vous regardez dans votre rétroviseur, à ceux qui pensent que votre zénith est derrière vous, laissez-moi dire une choses... Quand bien même cette heure serait venue, ce qui est important, ce n'est pas la façon d'arriver, ce qui est important, c'est ce qu'on fait de sa réussite, les réformes que vous avez porté, contre vents et marée et le dessein servi. 

Alors, tout ça pour la vaine ambition de la notabilité, de la pipolisation, à l'heure plus felinienne que wharolienne où il suffit de se balader à poil rue Montorgueil pour être plus téléchargé que le programme de l’UMP aux prochaines européennes ? Tout ça pour ça ? Non, pas vous...

Allez, Rachida, prenez une feuille, je ne vous demanderai pas de me dessiner un mouton mais d'y tracer n'importe quoi, un Grand Paris, un dessein...

Vous savez, la vitesse n'est pas tout. Un jour, avion en panne, coincé dans les sables du désert, Saint-Exupéry expliquait à un caravanier : " Tu vois, toi, pour aller de Nouakchott à Tamanrasset, tu mets 3 mois. Eh bien moi, je mets trois jours au plus." " Oui, lui dit l'homme au regard de braise, mais le reste du temps, qu'est-ce que tu fais. "

Alors Rachida, vous, qu'allez-vous faire ?

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Bonus track...
  


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Voir quelques photos de ce petit-déjeuner.
Voir tous les portraits des invités du Club Horizons.

05 mai 2009

Notre prochain invité: Rachida DATI

Dans le cadre des rencontres du Club Horizons, nous sommes heureux de vous convier le mardi 19 mai 2009 de 8h30 à 10h30 au Pavillon Ledoyen, 1 avenue Dutuit 75008 Paris (voir le plan d'accès).

Invité d'honneur : Rachida DATI, Garde des Sceaux.

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Rachida DATI nous parlera de la réforme de la Justice ainsi que de son parcours personnel.

Cette manifestation est réservée aux membres du Club Horizons.

19 mars 2009

Jacques Attali, la vidéo du portrait

18 mars 2009

Jacques Attali : le portrait

18 mars 2009 : intervention de M. Jacques Attali devant les membres du Club Horizons.


Thème de ce petit-déjeuner : "relancer l'avenir".

Préalable à cette intervention, le portrait de M. Attali par Pierre Vallet.

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Mes amis, pour la première fois, je suis intimidé. Nous avons tous nos maîtres, nos gourous, nos penseurs, notre Master Yoda à nous, en vérité, young padawans nous sommes, mais il nous arrive rarement de les rencontrer, d'avoir l'occasion leur parler ou de les écouter dans un cénacle restreint. De leur confier que depuis “Ligne d’horizon” en 1990, où notre hôte annonçait le retour des nomades, hommes et objets, vous avez lu nombre de ses ouvrages et que d’une certaine manière vous êtes semblables, partagez beaucoup, à commencer par le fait d'être tous deux nés un 1er novembre...

Mais bon, il me semble que la ressemblance s'arrête là. Jacques Attali, je ne sais pas si votre tête est bien faîte - je laisserai la gent féminine ci-présente vous en faire la confidence en temps et en heure - mais côté tête bien pleine, je crois que vous êtes servi. Lycée Janson de Sailly (où vous rencontrez Laurent Fabius et Jean-Louis Bianco), major de promotion à Polytechnique, Docteur d'État en sciences économiques, Ingénieur de l'École des mines de Paris, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, vous avez toutes les piqûres... Il n’y a finalement qu’à l’ENA que vous décevrez, en finissant 3e de votre sympathique “promotion Robespierre”... Il faut dire qu’avec de joyeux drilles comme Philippe Séguin, Louis Schweizer ou Michel Boyon, la classe devait être un peu dissipée...

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La ressemblance s’arrête là disais-je y compris côté professionnel. On murmure que vous auriez la carte de visite la plus longue de la place de Paris : Jacques Attali, économiste, historien, écrivain, haut-fonctionnaire, banquier, financier, parolier (vous avez écrit pour Barbara), chef d'orchestre, intellectuel, universitaire, professeur, essayiste pianiste, chroniqueur, biographe, rapporteur, nouvelliste, romancier et j'en passe... Je ne sais pas combien vous avez de vies, mais celle que vous offrez sous nos yeux est bien remplie.

Alors pour vous accueillir ce matin, je me suis à nouveau plongé dans votre biographie et bibliographie. Comme il se doit, je suis passé à la FNAC et j'ai posé la question traditionnelle : où puis-je trouver les ouvrages de Jacques Attali ? Regard interloqué de la libraire de service : "Euh... Mais il y en a partout. A part peut-être vie pratique..." Et en effet, je ne crois pas avoir trouvé un rayon vide d'un ouvrage attaliesque. Théâtre, roman historique, essais, économie, contes pour enfants, dictionnaires, biographies... J’ai cru trouver un instant de répit au rayons “Que sais-je ?”... Pas de chance, vous en avez écris deux ! Bref, vous vous êtes essayé à tous les genres littéraires et publiez cette année votre 50e ouvrage...

Mais le livre ne vous suffit pas. Votre production est protéiforme. Ce n’est pas un hasard. Vous aimez jouer les prophètes et quand on veut éclairer la route, il faut s’adresser au plus grand nombre. Et pour cela, vous abordez tous les supports avec une réelle gourmandise...

Magazines, conférences, dédicaces, chroniques et shows télévisés, bande dessinée pour les plus jeunes, blog traduit en anglais et espagnol, offrant la possibilité de promouvoir vos articles sur Facebook ou tous les réseaux sociaux d'un simple clic... 

Un blog dont je recommande la lecture et où vous nous annonciez dès février 2007 l'arrivée de la crise des subprime - facile me direz-vous aujourd'hui, mais rappelons à nos membres qu'en novembre 2007, Axel Miller, Pdg de Dexia, nous expliquait ici même lors de sa venue que vraiment, non, la crise des subprime ne le concernait pas... Vous me direz, pouvait-il s'effondrer en pleurant et nous avouer que oui, il allait exploser en plein vol moins d'un an plus tard sous la vague des subprime... Mais je dis vague, je dis vague, alors que c'est un nouveau tsunami que Jacques Attali nous annonce, avec la crise à venir des pre-approved credit card, ou crise des crédits Alt A...

...Un blog d'autant plus écouté qu’il bénéficie depuis quelques jours d’un buzz hors norme suite à votre note sur le projet de loi Hadopi, que vous qualifiiez récemment "d'absurde et scandaleux". Une prise de position qui a provoqué la réaction outrée de quelques professionnels du secteur qui vous invitent à proposer en libre téléchargement l'ensemble de votre oeuvre... Chiche ?

Eh, nous aurions matière à apprendre. Je regardais pour préparer ce portrait un recueil de vos interventions dans l'émission "conversation d'avenirs" diffusée sur Public Sénat et j'étais étonné de voir que vos augures s'étendent à l'alimentation, aux OGM, à la croissance, l'habitat, le patrimoine, les subprimes, l'identité juive, Israël, la Palestine, l'avant-garde, l'arrière-garde, les seins de Monica Belluci, le protectionnisme, l'ubiquité nomade, la surveillance, la dislocation de l'Etat, la traçabilité, le retour du bonus-malus, la disparition de la vie privée, les bio et nano-technologies...

...Un inventaire à la Prévert où je me suis permis de glisser une erreur aisément décelable *, mais assez proche de cette globalité de sujets que vous aimez traiter. On peut donc parier que nos sociétés amnésiques aurait fort à apprendre de vos enseignements - y compris dans le registre de l’humour juif puisque vous avez la réputation d’être un excellent conteur en la matière.

Le judaïsme, une constante au coeur de votre oeuvre, le thème de votre dernier livre, ce Petit dictionnaire amoureux du Judaïsme. Et pourtant, toujours une interrogation. Qu’est-ce qu’être juif ?  Transmettre des traditions ? Une foi ? Un livre ? Une histoire ? Une éthique ? Tout à la fois ?

...Vous estimez qu’il s’agit d’abord de transmettre. Oui, vous dîtes que pour être juif, il faut avoir un père juif, une mère juive ** (ça, vous connaissez la phrase de Daniel Pennac, nous sommes nombreux dans ce cas : “toutes les juives ne sont pas mères, mais toutes les mères sont juives...”...) ...mais au-delà d’un père ou d’une mère juive, pour être juif, il faut avoir des enfants juifs...

Transmettre. Le terme clé de votre oeuvre. Et pour cela, il vous faut vous démultiplier. Une omniprésence qui est vraiment frappante lorsque l'on tape votre nom sur Google. Eh oui, côté personal branding Jacques Attali a du pain sur la planche avec quelques 491 000 pages de résultats qui soulignent un parcours d'homme de pouvoir, capable de travailler aux côtés de François Mitterrand comme de Nicolas Sarkozy, auquel vous remettiez en janvier 2008 un rapport pour la libération de la croissance française, librement téléchargeable sur internet, rapport dont 217 propositions sur 316 sont à ce jour adoptées... Reste à savoir si elles sont mises en oeuvre, puisque la communication à ses limites...

...Autant d’actions qui s’inscrivent dans un combat récurrent pour la naissance d'une hyperdémocratie ou pour une gouvernance mondiale qui seule selon vous pourra endiguer les ravages d’un capitalisme sans contrôle, un hyperempire marchand appelé à détruire le monde. Une prédiction bien sombre mais le pessimiste n’est-il pas un optimiste mieux informé ? Qui sait... Et puis la Pythie raconte-t-elle l'avenir ou essaye-t-elle de le dessiner, d’influer sur son cours ?

Vous ne tirez d’ailleurs de cette lutte aucune gloire particulière. Peut-être simplement un peu d’orgueil ? On vous dit ombrageux... Chose rare, il vous est même arrivé de vous emporter et quitter des plateaux de télévision. Allez, je ne vais pas faire mon Stéphane Guillon... Mes amis, je vous le confirme, ce n’est pas de l’orgueil mais de l’impatience... Vous savez que le seul bien rare dans cette vie d'homme, c'est le temps, et l'on peut vous faire subir pas mal d'avanies - vous avez travaillé avec François Mitterrand et on imagine que vous êtes allé à bonne école - mais on ne peut pas vous faire perdre votre bien le plus précieux : le temps...

Alors, oui, vous êtes sans doute un peu fier... Peut-on "connaître la route" sans jouir de cette faculté ? L'occasion pour moi, cher maître, vous permettez que je vous appelle maître, de vous inviter à un petit test, un exercice d'humilité... Vous le savez, le sage chevauche toujours sa monture à l'envers. En effet ce qui est important, c'est de savoir où l'on est et d'où l'on vient, mais l'avenir, lui appartient à Dieu... Alors, Jacques Attali, vous qui venez nous dire ce matin comment relancer l'avenir,  parviendrez-vous à rejoindre ce micro à reculons ?

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* Jacques Attali aura l'amabilité de confirmer qu'effectivement, il n'a jamais parlé des nanotechnologies...
** Une erreur signalée par Jacques Attali : il affirme au contraire que "pour être juif, il ne faut ni père juif, ni mère juive, mais des enfants juifs. C'est le fait de transmettre qui fait de vous un juif."

05 mars 2009

Notre prochain invité: Jacques ATTALI

Dans le cadre des rencontres du Club Horizons, nous sommes heureux de vous convier le mercredi 18 mars 2009 de 8h30 à 10h30 au Pavillon Ledoyen, 1 avenue Dutuit 75008 Paris (voir le plan d'accès).

Invité d'honneur : Jacques Attali, économiste, écrivain, Président de A&A et PlaNet Finance.

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Jacques Attali interviendra notamment sur le thème suivant: "relancer l'avenir".

Cette manifestation est réservée aux membres du Club Horizons

27 janvier 2009

Hervé Morin : le portrait

27 janvier 2009 : intervention du Ministre de la Défense et Président du Nouveau Centre, M. Hervé Morin.


Thème de son intervention : "La politique de Défense de la France".

Préalable à cette intervention, le portrait de M. Hervé Morin par Pierre Vallet par Pierre Vallet...

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Hervé Morin, bonjour,

Vous êtes maire d'Epaignes, une commune de l'Eure de quelques 1200 habitants. Vous avez 47 ans. Vous êtes marié. Votre épouse Catherine est avocate. Vous lui devez beaucoup puisque, ancien cancre, c’est pour la suivre à Paris que vous avez entamé des études de droit, fini à Sciences Po et d’une certaine manière embrassé la carrière... Initialement, vous souhaitiez reprendre la ferme familiale dans le terroir normand...
 
Alors mes amis, pour tout vous dire, je suis heureux de voir un Ministre en exercice. Même si j'ai un Ministre du culte qui passe de temps en temps prendre l'apéro à la maison, là, ça me change de ministère. Chacun sa croix me direz-vous même si votre patron se prend de temps en temps aussi pour Dieu ou Obama...

Hervé Morin, Ministre de la Défense, Président du Nouveau Centre
Ministre en exercice, mais également, permettez-moi de vous faire une confidence personnelle, une source d'inspiration. Si, si...

Beaucoup de gens savent ici que j'ai déjà fait quelques galops d'essai lors de différentes élections. Mais personne ne sait réellement quel a été le facteur déclenchant de cette aventure...
 
...Il y a quelques années de cela, un dimanche soir, je découvrais dans un reportage sur M6 un jeune candidat aux législatives partant à la conquête d'une circonscription de province. Il n'était pas très connu et le Maire PS de la plus grande ville de la circonscription était assuré de l'emporter. Du reste, ce dernier tapait régulièrement sa poche, en sortait un papier, le brandissait et disait : les sondages sont formels, ce n'est même pas la peine d'ouvrir les urnes. 

De son côté, notre jeune candidat trimballait sa silhouette de grand échalas, de vitrine en vitrine, de boutique en boutique. Natif du coin, la caméra le suivait et se gaussait parfois de ses improvisations :

"Bonjour, je suis Hervé Morin. Je suis candidat à la Mairie d'Epaignes... Eh ben... Vous avez une bien belle boutique..."

Et puis vous tourniez les talons. Oui, il faut bien admettre que c’était un peu court... Mais bon, lorsque finalement l'on ouvrit les urnes, le vainqueur, c'était vous... Je dois vous avouer que ce reportage m'a marqué et que c'est dans cet esprit que je me suis lancé en campagne quelques années plus tard...

Alors, j’avais totalement oublié le nom de ce jeune candidat à la Mairie d’Epaignes et puis, au mois de septembre dernier, je vous ai entendu l’évoquer, assez ému et convaincant, devant une assemblée de jeunes militants de votre parti. Vous y parliez de vos débuts en politique, de ce mandat de maire qui vous comble et est toujours à vos yeux la plus belle mission d’un élu. Il faut dire qu’Epaignes, la Normandie, c’est votre univers. Chacun vous connaît, vous êtes l’enfant du pays, prenant à chaque visite des nouvelles de tout le monde, le père qui prendra bientôt sa retraite, le fil qui s’est cassé la jambe, la fille qui fait des études de droit, et la mère qui à la ferme a des difficultés...

...Que de chemin parcouru depuis. Comme quoi le porte à porte mène à tout... Elu député de l'Eure en 1998 et en 2002, vous devenez Président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale. Après une campagne active aux côtés de François Bayrou, vous vous séparez avec perte et fracas dans l’entre deux tours de la Présidentielle. Vous dîtes avoir pleuré, l’histoire ne dit pas si c’est sur votre sort ou sur une amitié brisée, mais l’accouchement du politique n’est jamais sans douleur. Le dos au mur, vous créez en moins de 15 jours et dans des conditions rocambolesques une nouvelle formation politique de centre-centre droit. La négociation est serrée avec le nouvel hôte de l'Elysée, mais vous obtenez l'indépendance financière et un groupe à l'Assemblée Nationale. Le Nouveau Centre est né et vous voilà Ministre de la Défense...

Alors, allons tout de suite à l’encontre d’une idée communément émise, une des constante de la nomination ministérielle en République, qui veut que l’on nomme toujours les docteurs en Médecine au Ministère de la Justice, les agriculteurs au ministère de la Culture et les anciens gardiens de prison au Ministère de la santé. Non, cette mission ministérielle ne vous était pas totalement étrangère : oui, vous aviez fait votre service militaire et oui, vous saviez distinguer un 4 étoiles d’un modeste établissement de province. Mais plus sérieusement, de 1993 à 1995, vous aviez été conseiller technique auprès de François Léotard alors Ministre de la Défense. C’est dire si la maison ne vous était pas inconnue...

Je dis maison, je pourrais dire l’hôtel. Oui, c’est une des particularités du traitement de Ministre : votre bureau est à l’Hôtel. Alors, je voudrais rassurer notre assistance, l'Hôtel de Brienne, rue Saint Dominique, ce n'est pas le Formule 1 de la Porte de Châtillon. Ici, les portiers sont en uniforme, il y a un beau jardin, les plafonds sont dorés et quand on vient vous voir, on comprend mieux pourquoi les manifestants qui s'adressent aux politiques  utilisent des megaphones. Ce que l'on comprend moins bien, c'est pourquoi ils les déposent à l'entrée. Vue la taille des bureaux, c'est pas en parlant à voix basse qu'ils vont se faire entendre... Ce qui est sympa aussi, c'est qu'on traverse des lieux prestigieux. Par exemple, le bureau qu'occupa le Général de Gaulle en 1945, lors de son 1er passage à la tête de la Nation. Aujourd’hui, il est conservé précieusement derrière un cordon rouge, alors, pour la photo souvenir, on attend que le planton tourne la tête et "hop !", petite photo assis dans le fauteuil du général, les pieds sur le bureau...  Un classique pour le touriste de passage...

Mais, trève de plaisanteries, Ministre de la Défense depuis juin 2007, vous avez conduit la difficile réforme des armées et engagé les nombreuses recommandations du livre blanc pour traduire concrètement cette nouvelle politique de Défense qui est le thème de notre rencontre ce matin...

Mais avant de vous céder la parole, je dois encore évoquer vos fonctions de Président du Nouveau Centre. C’est donc une formation politique de centre-centre droit, héritière de l'UDF. Portée sur les fonds baptismaux dans un contexte houleux, ses 1ers pas ont été accueillis pour le moins fraîchement et, puisque nous sommes entre nous, soyons francs, avec les médias, ça n'a pas toujours été une partie de plaisir.

Pourtant, les électeurs vous ont donné raison. Le Nouveau Centre a aujourd'hui reconstitué 80% de ce qu'était l'UDF avant les Présidentielles, qu'il s'agisse du nombre de militants (près de 9000), du tissu d’élus locaux ou du nombre de parlementaires. Des sénateurs vous ont d’ailleurs encore rejoint très récemment signant l’amorce d’une réunification sous votre aile du groupe centriste au Sénat. Une assemblée ou rappelons-le, l’UMP n’a pas plus la majorité absolue et découvre désormais les joies du travail en équipe...

Toujours est-il que vous vous retrouvez aujourd'hui avec un camarade de chambre un peu envahissant, une UMP qui sait très bien qu’elle prend de grands risques si elle piétinait le scorpion centristes...

Mais municipales et élections partielles ont paraît-il marqué les esprits au château comme rue la Boëtie. Alors, oui, le parti du Président a besoin d’un partenaire centriste fort pour l’emporter. Comme dit le proverbe, si tu veux allez vite, vas-y seul, mais si tu veux allez loin, allons-y ensemble... Le message est-il passé ?

Les prochaines élections européennes seront une nouvelle opportunité pour vous de tester l’intelligence de votre glouton partenaire...

Mais quittons un instant ces considérations politiciennes et arrêtons nous pour un 1er rapport d’étape de votre formation politique. La défense du pluralisme ou la règle d’or budgétaire inscrite dans la constitution, le référendum d'initiative populaire, le combat contre les niches fiscale, le recul du gouvernement sur le fichier Edvige, le Nouveau Centre faît entendre sa voix.

Pourtant, bémol à votre actif, dans l’ombre de nos commissariats comme de certaines officines, les enquêtes parallèles se poursuivent autour d’un nouveau fichier occulte. Amis, connexions, lieux de vacances, orientations sexuelles ou confessionnelles... Facebook et Google continuent leur progression. C’est du reste grâce à ces outils que j’ai réalisé votre portrait et rassemblé un certain nombre d’informations confidentielles vous concernant... Je vous propose d’en discuter en toute amitié dès la fin de ce petit-déjeuner. Eh, que voulez-vous, il faut bien se nourrir...

Mais maintenant, assez parlé, Mesdames, messieurs, la parole est à la Défense.

09 janvier 2009

Notre prochain invité : Hervé MORIN

Dans le cadre des rencontres du Club Horizons, nous sommes heureux de vous convier le mardi 27 janvier 2009 de 8h30 à 10h30 au Pavillon Ledoyen, 1 avenue Dutuit 75008 Paris (voir le plan d'accès).

Invité d'honneur : Hervé MORIN, Ministre de la Défense et Président du Nouveau Centre.

Hervé MORIN interviendra sur le thème suivant: "La politique de défense de la France".

Hervé Morin  

Hervé MORIN

28 novembre 2008

Geoffroy Roux de Bézieux : le portrait

27 novembre 2008 : intervention de Geoffroy Roux de Bézieux, Pdg de Virgin Mobile France et Président de l'UNEDIC..

Thème de son intervention : "Salauds de patrons !"

Préalable à cette intervention, le portrait de Geoffroy Roux de Bézieux par Pierre Vallet...

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13 novembre 2008

Notre prochain invité: Geoffroy Roux de Bézieux

Dans le cadre des rencontres du Club Horizons, nous sommes heureux de vous convier le jeudi 27 novembre 2008 de 8h15 à 10h30 au Pavillon Ledoyen, 1 avenue Dutuit 75008 Paris (voir le plan d'accès).

Invité d'honneur : Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'Unédic, Président Fondateur de Virgin Mobile.

Geoffroy Roux de Bézieux interviendra sur le thème suivant: "Salauds de patrons?" Itinéraire d'un patron engagé sur tous les fronts.