Jérôme Adam: Entreprendre avec sa différence
Membre du Club Horizons
Serge et Philippe Hayat: L'entreprise : Un acteur clé de la société
L'entreprise accessible dès le plus jeune âge...
Alexandre Jardin: 1+1+1 Une Révolution
Quand la société civile décide de déplacer des montagnes...
Comment faciliter l'émergence de nouveaux leaders en entreprise ? C'est la question posée par le quotidien Le Monde dans son édition du 15 septembre 2008. Christophe Rouvière (Finance et Stratégies / Natureo), Président du Club Horizons et Eric Angiboust (FNAC), membre de notre comité de pilotage, répondent à Nathalie Quéruel...
Difficile de sélectionner les dirigeants de demain
Leadership, es-tu là ? Il semble bien que... non. La confiance des collaborateurs dans les managers de leur entreprise décline, comme le montre une étude mondiale menée par DDI, cabinet de conseil en management : en 2008, seuls 37 % des cadres au niveau mondial, et 39 % en Europe, pensent que les "qualités" des leaders sont "excellentes", contre 43 % en 1998.
Ces chiffres n'étonnent guère Christophe Rouvière, président du Club Horizons, une association de dirigeants : "Au vu de l'insatisfaction des salariés au travail, on ne peut que constater un leadership en berne dans les entreprises. Comme si les organisations n'étaient pas conçues pour faire émerger des hommes ou des femmes capables non seulement d'avoir une vision économique, mais aussi de considérer l'entreprise comme un corps social vivant auquel il est nécessaire de donner un but." Pour Eric Angiboust, directeur du développement de la Fnac et membre du comité de direction, s'affirmer comme leader n'est pas une chose aisée dans l'environnement actuel : "Auparavant, dans les entreprises patrimoniales ou familiales, le leadership était incontesté. Aujourd'hui, les organisations plus ouvertes complexifient la position des cadres supérieurs, qui doivent s'imposer, et cela est d'autant plus difficile que les salariés qui attendent beaucoup d'eux n'hésitent pas à critiquer."
Les leaders charismatiques ne naissant pas dans les choux, c'est bien leur identification et leur développement qui semblent toujours à la peine. Pourtant, les entreprises se sont petit à petit dotées de programmes destinés aux "hauts potentiels". Le terme interroge Yvon Minvielle, directeur du Club Stratégies, un cercle de réflexion sur la gestion des ressources humaines : "Il renvoie d'une certaine façon à des dispositions naturelles. Alors que, pour occuper une position de leader, il faut être avant tout un excellent professionnel, même si cela ne suffit pas."
D'autre part, à cause de la faiblesse des systèmes utilisés, leur repérage se fait davantage par conformité avec les pairs et les modes de management de l'entreprise. M. Rouvière estime que l'évaluation de la performance, telle qu'elle est pratiquée, passe souvent à côté des leaders en herbe, car elle ne mesure pas la capacité à "bousculer l'ordre établi, chercher la rupture, déployer une vision personnelle".
Si, comme le pense Bernard Ramanantsoa, directeur d'HEC, le leadership n'est pas "inné, pas plus qu'il ne s'apprend sur le tas, et (que) le succès à un concours n'en donne pas la clé", comment se travaille-t-il ? Les outils pour développer les compétences comportementales tiennent le haut du pavé dans les formations proposées aux cadres. Selon M. Angiboust, elles ne sont pas à négliger pour améliorer la qualité de sa communication, part importante du leadership, mais là n'est pas l'essentiel : "Pour moi, il est d'abord intimement lié à la pertinence de l'expertise. C'est parce qu'on connaît mieux son métier que tout le monde qu'on l'on est en capacité de mobiliser ses équipes sur de nouveaux projets."
Depuis trois ans, HEC a introduit une composante "leadership" dans son MBA, fréquentés par des "hauts potentiels" de toute la planète. Qu'y font-ils ? "Ils réfléchissent, avec d'autres, sur ce qui se passe, répond M. Ramanantsoa. Le leader, contrairement aux managers qui gèrent le quotidien, fabrique de l'avenir. Or, pour formuler des buts, il faut comprendre l'évolution du monde, en étudiant de multiples perspectives : économique bien sûr, mais aussi historique, anthropologique, voire artistique. Ça ne se fait pas en cinq minutes ! Le leadership requiert une certaine ascèse." Et c'est là que le bât blesse : l'ascèse n'est guère à la mode à l'ère du court, du concret et du sur-mesure, où les managers se laissent séduire par les formules toutes faites du style "Développez votre charisme en trois jours"...
Certaines entreprises tentent de renouveler leur approche. Depuis septembre 2007, chez GDF-Suez, les 400 cadres dirigeants du groupe se voient proposer une nouvelle formation, en sus de la palette habituelle : "Il s'agit d'un programme de sept jours destiné à stimuler la réflexion stratégique, explique Vinciane Lampe, directrice au sein de l'université interne du groupe. Il combine d'une part des visites d'entreprises, dans des contextes parfois très différents des nôtres, où la rencontre avec d'autres leaders permet un jeu de miroir assez fructueux et, d'autre part, des échanges avec des professeurs ou des consultants externes". L'objectif de cette "learning expedition" ? Prendre une hauteur de vue stratégique et collective, qui ne résume pas la question du leadership au développement de qualités individuelles de management.
Nathalie Quéruel
...en présence de Gilles de Robien, Ministre de l'éducation nationale, a eu lieu le 30 novembre 2006 au Collège Marx Dormoy (75018).
Pendant une heure trente, Philippe Hayat, Pierre Kosciusko-Morizet (fondateur de PriceMinister.com) et Gilles de Robien sont intervenus - en présence des médias - pour transmettre la culture d'entreprendre à un groupe de jeunes collégiens. Retrouvez toutes les photos de cet événement.
Le quotidien économique et financier La Tribune a publié dans son édition en date du 2 novembre 2006 un article de Philippe Hayat, porteur du projet 100 000 entrepreneurs. Voici le texte de cette tribune.
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Donner aux jeunes l'envie d'entreprendre
Dans quelques mois, un nouveau gouvernement succèdera à l’équipe actuelle. Par tradition, il apportera dans ses bagages son lot de mesures techniques destinées à favoriser la création d’entreprises : simplifications administratives, aides financières et incitations fiscales. Ces dispositions faciliteront principalement la création d’entreprises individuelles (artisanat, commerce, profession libérale), créées par nécessité pour exercer un métier. Comme 80% des créations françaises aujourd’hui, elles ne comptent aucun salarié, et n'ont pas vocation à se développer.
Il est beaucoup plus difficile de multiplier les entreprises créées par opportunité, celles qui naissent autour d'un projet, puis qui grandissent pour devenir des PME innovantes, exportatrices et créatrices d'emplois. Pour favoriser la création de ce type d'entreprises, les mesures techniques ne suffisent pas ; c’est une véritable culture d’entreprendre qu’il faut insuffler dans le pays, en commençant à la source, auprès des jeunes générations.
Cette mission ne peut revenir qu'aux entrepreneurs eux-mêmes ; eux seuls sont capables de peuvent transmettre l'envie d’entreprendre, par la force de leur exemple et par le récit de l'aventure humaine qu'ils ont vécue. C'est la raison pour laquelle l’opération "100000 entrepreneurs" (www.100000entrepreneurs.com) organise des témoignages de chefs d’entreprise et de responsables associatifs dans les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur de France. Car c’est dans ces classes d’âge, où les premières interrogations professionnelles apparaissent et sont traitées, qu’il faut semer l’idée d'un avenir riche de promesses pour qui veut bien le prendre en main.
Redonner confiance aux jeunes générations
Cela devient urgent. Les jeunes ont peur de l’avenir, on le comprend : 22% d’entre eux - et 2 jeunes non diplômés sur 5 - n’ont pas d’emploi (contre respectivement 12 % au Royaume-Uni et 15 % en Allemagne). 90 % des jeunes de 18 ans, et deux tiers des moins de 26 ans, entrent aujourd’hui dans la vie active avec un contrat précaire.
Des scandales médiatisés
Ils n’entendent parler de l'entreprise qu’à l’occasion de scandales fortement médiatisés ou au travers des critiques émises par les organisations syndicales et formations politiques. Ils vivent comme des menaces les mutations inéluctables en cours, portées par la mondialisation et l’accélération des échanges d’information. Il en résulte que 70% des 13-25 ans estiment préférable d'intégrer le service public (sondage Ifop pour le salon de l'emploi public, 2006), alors même que 46% d'entre eux auraient envie d'être leur propre patron s'ils avaient le choix (sondage Ifop "les jeunes face à l'emploi", 2006). Parmi ces jeunes, seuls 36% croient en la libre entreprise (contre 67 % des Britanniques, 71 % des Américains, 74 % des Chinois). Ils ignorent la capacité d’innovation et le savoir-faire de leur pays. Sa culture et la qualité de vie qu’il offre mériteraient une ambition plus large. En un sens, ils tournent le dos à leur avenir.
Les entrepreneurs, en développant leur PME ou leur association, contredisent ce pessimisme ambiant : sur les vingt dernières années, ils ont créé 2,5 millions d’emplois quand les grands groupes en ont détruits 600.000. Ils drainent l’innovation, caractéristique propre aux nouveaux entrants sur un marché. Ils diffusent le goût de l’effort, partagé par des équipes réunies autour d’objectifs communs. La taille humaine de leur structure donne un sens à l’action de chacun de leurs employés. Leurs réalisations, qu’elles soient à vocation économique, associative, artistique ou humanitaire, recadrent bon nombre d’idées reçues.
Chercher du sens
Ainsi, l’entreprise ne menace ’est pas l’adversaire du salarié : elle lui apporte un emploi, un revenu, une possibilité de formation et de progression. Le salarié ne cherche pas nécessairement plus de sécurité et moins de travail : il cherche également du sens et de l’épanouissement dans sa profession. Le chef d’entreprise n’est pas l’adversaire de l’employé : leurs intérêts sont liés, le succès de l’un portant celui de l’autre.
L’entreprise ne menace pas la cohésion sociale : elle participe au financement de la collectivité et à la modernisation de nos services publics ; elle peut jouer un rôle clé pour encourager le développement durable et l’intégration. Le temps presse, la France a du retard. Un million de PME supplémentaires seraient nécessaires pour atteindre la densité entrepreneuriale de la Grande Bretagne ou de l’Italie. Les 13-25 ans d’aujourd’hui seront entrepreneurs demain. Ils contribueront à résoudre une partie problèmes auxquels leur génération sera confrontée, dont le chômage (nos PME comptent en moyenne 7 salariés, contre 19 aux Etats-Unis ; atteindre une moyenne de 10 salariés par PME éliminerait le chômage en France). Ils apporteront également des réponses aux questions de précarité, d'intégration, d'innovation, de financement des retraites, de réduction de la dette et des déficits publics. Donnons-leur envie d'entreprendre, pour leur avenir et celui de leur pays.
Philippe Hayat
Chef d’entreprise, auteur de « L’entreprise, un acteur clé de la société » (Ed. Autrement 2006)
Plus d’info sur www.100000entrepreneurs.com
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Vous pouvez également télécharger cette tribune au format .pdf.
Se mettre à son compte ? La moitié des salariés en rêvent. Certains le font. Pourquoi pas vous ? Pistes fructueuses, secteurs porteurs, Management vous propose un dossier complet dans son N° 134. En couverture, Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister et ...membre du Club Horizons. Un dossier qui va vous donner des idées ? Extrait.
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[...] Avec un peu de persévérance et du courage, ce rêve, tout le monde peut le réaliser. Créer son entreprise en France ou ailleurs, s'installer comme consultant sur une niche délaissée, investir dans une franchise récente mais prometteuse : les créneaux ne manquent pas pour se lancer sans attendre l'héritage de la grand-mère ou d'hypothétiques indemnités de départ. Management a recueilli des dizaines de témoignages de « jeunes » patrons et étudié pour vous une trentaine de business dont vous inspirer pour trouver et développer la bonne idée. Pierre Kosciusko-Morizet a rapporté la sienne des Etats-Unis : vendre du neuf et de l'occasion en jouant l'intermédiaire entre vendeurs et acheteurs sur le Net. Créée en 2001, sa start-up PriceMinister est déjà numéro 3 de l'e-commerce en France et fait de l'ombre à eBay. Lisez son histoire, écoutez ses conseils : ils vous donneront envie de tenter l'aventure...
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Retrouvez l'intégralité de ce dossier dans le n°134 de Management (p.22) en vente dans tous les kiosques.
Merci à Valérie Lion qui consacre à notre Club et à ses 7 propositions pour la croissance des PME un article sur le blog Réussir de la rédaction de l'Express.
Titre : Des Trentenaires à la rescousse des PME.
Extrait :
Ils sont une centaine de jeunes cadres d'entreprise, hauts potentiels ou entrepreneurs, réunis depuis 2 ans 1/2 dans un club baptisé Horizons. Tous âgés entre 30 et 40 ans et décidés à agir pour "contribuer à l'évolution positive de la société"... Bigre ! [Lire la suite]
Vous êtes membre du Club Horizons et vous avez publié ou êtes sur le point de publier un article dans la presse; merci de nous le faire parvenir si vous souhaitez qu'il soit publié sur le site du Club.
Philippe Hayat a publié ce jour un article dans la Tribune: " Pour ses trente ans d'existence, Apple présente un profil digne de nos plus grands groupes français: un chiffre d'affaires de 14 milliards de dollars, soit une taille équivalente à celle de l'Oréal, Danone ou Automobiles Citroën; une capitalisation boursière d'environ 60 milliards de dollars, pas très éloignée de celle d'EDF; une rentabilité nette de 10% à faire pâlir d'envie nos champions nationaux. Et tout cela en moins de trente ans!...". Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger l'article dans son intégralité.
Vous êtes membre du Club et vous avez récemment publié un article dont la parution vous paraîtrait pertinente sur ce blog; merci de nous le faire parvenir.
Philippe Hayat a publié un article dans les Echos: "Le gouvernement s'attaque au chômage des jeunes. Cela se comprend aisément, il y a urgence. 22% d'entre eux sont sans emploi (alors que la moyenne nationale, tous âges confondus, s'élève à 9,6%), et deux jeunes non diplômés sur cinq n'ont pas de travail. La France est l'un des mauvais élèves de l'Europe dont le taux de chômage pour les moins de 26 ans atteint 19%, alors qu'il se limite à 12% pour le Royaume-Uni et à 15% en Allemagne...
Vous pouvez librement télécharger l'intégralité de cet article.
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